Lexique

A


Amendements :

13e amendement : Voté le 6 décembre 1865, après la guerre de Sécession, cet amendement inscrivit dans la Constitution l'interdiction de l'esclavage. L'esclavage est formellement interdit sur le territoire des États-Unis et tout territoire sous sa juridiction, sauf s'il représente une "punition d'un crime dont le coupable aura été dûment convaincu ".

14e amendement : Voté le 9 juillet 1868, cet amendement visait à garantir la citoyenneté des anciens esclaves. Toute personne née aux États-Unis en est citoyen. Les États, ne peuvent porter atteinte à leur vie, liberté, ou propriété sans une procédure légale régulière, et doivent à tous l'égale protection de la loi. La représentation au Congrès et à l'élection présidentielle des États qui n'accorderait pas le suffrage universel [masculin, au-delà de 21 ans] est réduit en proportion du nombre de personnes ayant prêté assistance à la rébellion sont interdites de fonctions officielles dans le gouvernement des États-Unis. Les dettes contractées par les États confédérés en rébellion contre les États-Unis sont nulles, aucune compensation ne peut être demandée pour l'émancipation des esclaves.

15e amendement : Voté le 3 février 1870, cet amendement avait pour objectif d'interdire aux États du Sud de retirer le droit de vote aux Noirs. Le droit de vote ne peut être restreint ou refusé en raison de la race ou d'une condition antérieure de servitude. Arrêt Plessy v. Ferguson : Cet arrêt de la Cour suprême rendu en 1896 valida les pratiques de ségrégation déjà largement répandues dans le Sud, au motif que la séparation des races était compatible avec leur égalité. Arrêt Brown v. Board of Education : Cet arrêt du 17 mai 1954, annula le précédent en indiquant que la ségrégation des écoles publiques violait la Constitution. La ségrégation des enfants blancs et noirs dans les écoles publiques d'un État, sur le seul fondement de leur race, et en vertu d'une loi dudit État autorisant ou imposant une telle ségrégation, dénie aux enfants noirs la protection égale devant la loi garantie par le 14e amendement.

Arrêt Plessy v. Ferguson : (Plessy contre Ferguson) est un arrêt de la Cour suprême des États-Unis, rendu le 18 mai 1896. Il autorise les États qui le souhaitent à imposer la loi des mesures de ségrégation raciale, pourvu que les conditions offertes aux diverses races par cette ségrégation soient égales. La doctrine qui découle de l'arrêt est appelée "separate but equal" (séparés mais égaux). 

American Labor Negro Congress (ALNC) : Fut créé en 1925 par le parti communiste afin de faire avancer les droits des Afro-Américains.

Apartheid : Était une politique dite de "développement séparé" affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées. Il fut conceptualisé et mis en place à partir de 1948 en Afrique du Sud (Union d'Afrique du Sud, puis République d'Afrique du Sud) par le Parti national, et aboli le 30 juin 1991.

Arrêt Brown et al. v. Board of Education of Topeka et al. : (= Brown et autres contre le bureau de l'éducation de Topeka et autres) est un arrêt de la Cour suprême des États-Unis, rendu le 17 mai 1954 (arrêt 347 U.S. 483). Il déclare la ségrégation raciale inconstitutionnelle dans les écoles publiques. Un arrêt complémentaire est rendu dans la même affaire le 31 mai 1955 (349 U.S. 294), et les deux arrêts sont aussi dits Brown I et Brown II. L'arrêt est sans doute la plus importante des décisions de la cour Warren. Si techniquement, la décision Brown s'applique seulement au système d'éducation publique des États, l'arrêt Bolling v. Sharpe 349 U.S. 497 (1954), moins connu, est rendu le même jour et étend l'obligation au gouvernement fédéral.

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B

Black Panthers : (à l'origine le Black Panther Party for Self-Defense) était un mouvement révolutionnaire formé aux États-Unis en 1966 par Bobby Seale et Huey P. Newton qui a atteint une échelle nationale avant de s'effondrer à cause de tensions internes et des efforts de suppression par l’État, en particulier le FBI (efforts qui comportaient des arrestations et l'agitation de factions rivales via des infiltrés). L'organisation est connue pour son programme " Free Breakfast for Children", l'utilisation du terme "pigs" (cochons) pour décrire les agents de police ainsi que pour avoir apporté des armes à feu à l'assemblée législative californienne.

Black Feminism : Trouve ses origines dans un malaise au sein du "mouvement des droits civiques" et du mouvement féministe Nord-Américain lors des années 1970. En effet, il revendique un point de vue particulier des femmes afro-Américaines à la fois sur le féminisme en général, et sur les luttes contre la ségrégation raciales. En tant que tel, le Black Feminism n'est pas limité aux femmes noires : dès ses origines, il inclut des femmes chicanas (mexicaine), orientales, etc... Il est plutôt caractérisé par la volonté de lier ensemble les problématique du sexisme, du racisme et de l'oppression des classes.

Les Black Codes : Sont un ensemble de lois américaines, votés par les États ou au niveau local, qui ont pour objet de limiter les droits fondamentaux et les droits civiques des Noirs.

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C


Civil Rights Act : Aux États-Unis le Civil Rights Act du 2 juillet 1964, signé par le président des États-Unis, Lyndon Baines Johnson, a déclaré illégale la discrimination reposant sur la race, la couleur, la religion, le sexe, ou l’origine nationale. Il était conçu au départ pour protéger les droits des Afro-américains.

Commission Kerner :C'est la Commission nationale consultative sur les troubles civils, connu sous le nom de la Commission Kerner dont son président, le gouverneur Otto Kerner, Jr. de l'Illinois, est un membre de la Commission mis en place par le Président Lyndon B. Johnson pour enquêter sur les causes des émeutes de 1967 la race dans le États-Unis et de fournir des recommandations pour l'avenir.

CORE : ("Congress of Racial Equality") signifie le " Congrès pour l'égalité des races" . Cette organisation fut créée à Chicago en 1942 et lutte pour les droits civiques principalement contre la ségrégation raciale.

Cour suprême des États-Unis: La Cour suprême des États-Unis (Supreme Court of the United States, parfois abrégé en SCOTUS ou United States Supreme Court) est le sommet du pouvoir judiciaire aux États-Unis et le tribunal de dernier ressort.

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D

Descrimination positive:  La discrimination positive aux États-Unis (" affirmative action ") a été mise en place par le président John Kennedy en mars 1961. Comme le Civil Right Act cette loi avait pour but de réduire la discrimination. Elle interdit toute discrimination des employeurs et des établissements scolaire en matière d'embauche ou d'admission, favorisant ainsi l'égalité.

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F

Freedom Ride: (=voyage vers la liberté) Sont des actions de militants du mouvement des droits civiques aux États-Unis qui utilisaient des bus inter-états afin de tester la cour suprême qui rendait illégale la ségrégation dans les transports.

The Four: "Les quatre " étaient quatre juges, qui pendant les années 1950, sont devenus connus pour avoir pris des décisions cruciales dans l'avancé des droits civiques des afro-américains.

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J

Jim Crow: Ces lois distinguaient les citoyens selon leur appartenance « raciale » et tout en admettant leur égalité de droit elles imposèrent une ségrégation raciale dans tous les lieux et services publics.

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K

Klu Klux Klan: Fondé après la guerre de sécession en 1866, dans le sud des États-Unis, ce clan prône la race blanche. Ils affirment que Dieu a choisi la race blanche comme étant la race supérieure. Les membres du Ku Klux Klan éprouve donc, une haine profonde pour les noirs en particulier, mais aussi pour les juifs,  les mexicains, les homosexuels et  les femmes infidèles. Le symbole du clan est une croix représentant le sang du christ versé pour la race blanche. Le Klan se dote d'une structure fantasmagorique (un Grand Sorcier, entouré de Dix Génies) et de costumes (longues cagoules blanches) destinés à effrayer les non-membres de l'organisation. Le Klan  est officiellement démantelé en 1869, et pratiquement éliminé en 1873. Mais en décembre 1915, à Stone Mountain, William Joseph Simmons, ex-pasteur méthodiste, annonce la renaissance du Ku-Klux-Klan et se proclame Sorcier Impérial de l'Empire Invisible. Le succès de la nouvelle organisation est fulgurant. Ainsi,  en 1920, Simmons annonce 4 millions d'adeptes.

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L


Loi de 1964 :  Cette loi, votée au terme de dix ans de lutte du mouvement des droits civiques précise que toute forme de ségrégation ou de discrimination est interdite dans un lieu public.  Toute personne a droit à la jouissance pleine et égale des biens, services, équipements, privilèges et avantages de tout lieu public tel qu'il est défini dans cette section, sans aucune discrimination ou ségrégation fondée sur la race, la couleur, la religion ou l'origine. [...] Au fins du présent titre, est considéré comme lieu public tout établissement destiné au public si son fonctionnement est de nature commerciale, ou si la discrimination ou ségrégation qui y est exercée s'appuie sur une pratique de l' États.

Loi de 1965 sur le droit de vote : Cette loi, relative à l'application du 15e amendement à la Constitution interdit les stratagèmes juridiques utilisés pour priver les Noirs du droit de vote. 

- Section 2 : Aucune restriction ou condition au vote, aucune norme, pratique ou procédure ne peut être imposée ou appliquée, par quelque États ou entité administrative que ce soit, dans le but de refuser ou de limiter le droit de vote de quelque citoyen américain que ce soit en raison de sa race ou de sa couleur. [...]


- Section 4 : a) Afin de garantir que le droit de vote d'un citoyen des États-Unis ne sera pas refusé ou limité en raison de sa race ou de sa couleur, nul citoyen ne peut se voir refuser le droit de voter à une quelconque élection fédérale, d'État ou locale au motif qu'il ne se conformerait pas à un critère ou à une procédure en vigueur dans quelque État que ce soit.


Les neuf de Little RockEn 1957, Les neuf de Little Rock étaient un groupe d'élèves afro-américains (trois garçons et six filles) inscrits à la Little Rock Central High School qui furent empêchés d'étudier par les partisans de la ségrégation raciale dont le gouverneur de l'Arkansas, Orval Faubus, provoquant l'intervention du président Eisenhower. Cette crise est considérée comme l'un des événements les plus importants du Mouvement afro-américain des droits civiques.


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M

Mississippi Freedom Democratic Party: Le " Partie démocratique du Mississippi pour la liberté "est un mouvement créé en 1964 par des blancs et des noirs avec l'aide de la SNCC.

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N

NAACP: La National Association for the Advancement of Colored People ( " association nationale pour l'avancement des gens de couleur "), en général désignée par son sigle NAACP, est une organisation américaine de défense des droits civiques. Elle a été fondée en 1909 à partir du Niagara Mouvement, qui avait été créé en 1905 par William Edward Burghardt Du Bois.

National Negro Congress: Organisme créé par le Parti Communiste en 1935 pour lutter contre la discrimination raciale, le fascisme et la guerre.

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P

Politique du Busing: Le busing a été mis en œuvre pour la première fois aux États-Unis en 1971. Le but était de brasser les enfants blancs et les enfants noirs, qui fréquentaient des écoles différentes malgré les lois de déségrégation. En effet, compte tenu de l'homogénéité raciale des quartiers, les itinéraires de bus uniquement basés sur des critères de proximité géographique conduisaient à maintenir des écoles noires et des écoles blanches.

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S

Ségrégation raciale : Est la séparation physique des personnes de couleurs différentes dans les activités qu'elles exercent couramment que ce soit manger au restaurant, boire de l'eau à une fontaine, utiliser des toilettes, aller à l'école ou au cinéma. 

SCLC: La "Southern Christian Leadership Conference " est une organisation américaine des droits civiques créée en janvier 1957. Elle a joué un rôle important dans le mouvement des droits civiques des années 1950 et 1960. La SCLC a été étroitement associée à son premier président, Martin Luther King. Ses principes sont la lutte pour les droits civiques dans un esprit de non-violence chrétienne. L'organisation a été fondée par des activistes noirs des droits civiques, qui entendaient fédérer les responsables religieux du sud des USA.

Ségrégation résidentielle: Cette ségrégation consiste à séparer la population par quartier selon leur couleur de peau. Durant la période ségrégationniste aux États-Unis, les blancs logeaient le plus souvent dans des quartiers résidentielles lorsque les noirs habitaient dans des Ghettos.

"Sit-ins":Action de s'asseoir pour montrer un mécontentement et dans le but de faire changer les choses.

SNCC: ("= Student Nonviolent Coordinating Committee" ou littéralement "comité de coordination non violent des étudiants") Ce mouvement fut créé en 1960 lors d'assemblée d'étudiants. Plus tard cette organisation luttera contre la guerre du Viêt Nam.

Freedom Summer : (connu également sous le nom de Mississippi Summer Project) est une des épisodes du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Il s'agit d'une campagne menée au cours de l'été 1964 à l'initiative du SNCC dans l'État du Mississippi pour, notamment, faire inscrire le maximum de noirs sur les listes électorales. A l'époque, comme le rappel Doug McAdam, " le pourcentage d'électeurs noirs inscrits était le plus bas de tous les États du Sud (6,7%)" 

Freedom Democratic Party (MFDP) : était un parti politique Américain créé dans l’État du Mississippi en 1964, lors du "Civil rights movement". Il a été organisé par les noirs et les blancs du Mississippi avec l'aide du "Student Nonviolent Coordinating Committee" (SNCC) et du "Council of Federated Organizations" (COFO).

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V

Le Voting Rights Act : (Loi sur les droits de vote) est une loi du Congrès des États-Unis qui a été signée par le président Lyndon Johnson le 6 août 1965.Bien qu'en théorie les Afro-Américains disposassent du droit de vote depuis 1870, depuis le vote des 14e et 15e amendements de la constitution des États-Unis, le droit de vote dans certains États du sud était subordonné à la réussite à un test de type scolaire assez exigeant, auquel la plupart des Noirs échouaient. De plus, une taxe était souvent requise avant de voter, que la plupart des Noirs n'avaient pas les moyens de payer. Le Voting Rights Act supprima entre autres ces restrictions et permit donc à toute la population noire de voter. Le président George W. Bush signa son extension pour 25 ans le 27 juillet 2006.

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Y

YWCA: Le YMCA ou le Young Women's Christian Association ( Association des jeunes femmes chrétiennes ) du monde est l'organisation mondial de femmes qui travaillent pour le changement social et économique partout dans le monde. Elle fut créée en 1855 en Angleterre et arriva dans les années 1900 aux États-Unis. Elle se prononce pour la direction des jeunes femmes, la paix, la justice, les droits de l'homme et le développement durable, tant sur le terrain que sur l'échelle mondiale.

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Plus : 


Traduction du discours de Martin Luther King " I have a dream "

Je suis heureux de me joindre à vous aujourd’hui pour participer à ce que l’histoire appellera la plus grande démonstration pour la liberté dans les annales de notre nation. Il y a un siècle de cela, un grand Américain qui nous couvre aujourd’hui de son ombre symbolique signait notre proclamation d'émancipation. Ce décret capital se dresse, comme un grand phare illuminant d’espérance les millions d’esclaves marqués au feu d’une brûlante injustice. Ce décret est venu comme une aube joyeuse terminer la longue nuit de leur captivité. Mais, cent ans plus tard, le Noir n’est toujours pas libre. Cent ans plus tard, la vie du Noir est encore terriblement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Cent ans plus tard, le Noir vit à l’écart sur son îlot de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle. Cent ans plus tard, le Noir languit encore dans les coins de la société américaine et se trouve exilé dans son propre pays. C’est pourquoi nous sommes venus ici aujourd’hui dénoncer une condition humaine honteuse. En un certain sens, nous sommes venus dans notre capitale nationale pour encaisser un chèque. Quand les architectes de notre République ont magnifiquement rédigé notre Constitution de la Déclaration d’Indépendance, ils signaient un chèque dont tout Américain devait hériter. Ce chèque était une promesse qu’à tous les hommes, oui, aux Noirs comme aux Blancs, seraient garantis les droits inaliénables de la vie, de la liberté et de la quête du bonheur. Il est évident aujourd’hui que l’Amérique a manqué à ses promesses à l’égard de ses citoyens de couleur. Au lieu d’honorer son obligation sacrée, l’Amérique a délivré au peuple Noir un chèque en bois, qui est revenu avec l’inscription “ provisions insuffisantes ”. Mais nous refusons de croire qu’il n’y a pas de quoi honorer ce chèque dans les vastes coffres de la chance, en notre pays. Aussi, sommes-nous venus encaisser ce chèque, un chèque qui nous donnera sur simple présentation les richesses de la liberté et la sécurité de la justice. Nous sommes également venus en ce lieu sacrifié pour rappeler à l’Amérique les exigeantes urgences de l’heure présente. Ce n’est pas le moment de s’offrir le luxe de laisser tiédir notre ardeur ou de prendre les tranquillisants des demi-mesures. C’est l’heure de tenir les promesses de la démocratie. C’est l’heure d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale. C’est l’heure d’arracher notre nation des sables mouvant de l’injustice raciale et de l’établir sur le roc de la fraternité. C’est l’heure de faire de la justice une réalité pour tous les enfants de Dieu. Il serait fatal pour la nation de fermer les yeux sur l’urgence du moment. Cet étouffant été du légitime mécontentement des Noirs ne se terminera pas sans qu’advienne un automne vivifiant de liberté et d’égalité. 1963 n’est pas une fin, c’est un commencement. Ceux qui espèrent que le Noir avait seulement besoin de se défouler et qu’il se montrera désormais satisfait, auront un rude réveil, si la nation retourne à son train-train habituel. Il n’y aura ni repos ni tranquillité en Amérique jusqu’à ce qu’on ait accordé au peuple Noir ses droits de citoyen. Les tourbillons de la révolte ne cesseront d’ébranler les fondations de notre nation jusqu’à ce que le jour éclatant de la justice apparaisse. Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, debout sur le seuil accueillant qui donne accès au palais de la justice : en procédant à la conquête de notre place légitime, nous ne devons pas nous rendre coupables d’agissements répréhensibles. Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Nous devons toujours mener notre lutte sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique. Sans cesse, nous devons nous élever jusqu’aux hauteurs majestueuses où la force de l’âme s’unit à la force physique. Le merveilleux esprit militant qui a saisi la communauté noire ne doit pas nous entraîner vers la méfiance de tous les Blancs, car beaucoup de nos frères blancs, leur présence ici aujourd’hui en est la preuve, ont compris que leur destinée est liée à la nôtre. L’assaut que nous avons monté ensemble pour emporter les remparts de l’injustice doit être mené par une armée bi-raciale. Nous ne pouvons marcher tout seul au combat. Et au cours de notre progression il faut nous engager à continuer d’aller de l’avant ensemble. Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Il y a des gens qui demandent aux militants des Droits Civiques : “ Quand serez-vous enfin satisfaits ? ” Nous ne serons jamais satisfaits aussi longtemps que le Noir sera la victime d’indicibles horreurs de la brutalité policière. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos corps, lourds de la fatigue des voyages, ne trouveront pas un abri dans les motels des grandes routes ou les hôtels des villes. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que la liberté de mouvement du Noir ne lui permettra guère que d’aller d’un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos enfants, même devenus grands, ne seront pas traités en adultes et verront leur dignité bafouée par les panneaux “ Réservé aux Blancs ”. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps qu’un Noir du Mississippi ne pourra pas voter et qu’un Noir de New-York croira qu’il n’a aucune raison de voter. Non, nous ne sommes pas satisfaits et ne le serons jamais, tant que le droit ne jaillira pas comme l’eau, et la justice comme un torrent intarissable. Je n’ignore pas que certains d’entre vous ont été conduis ici par un excès d’épreuves et de tribulations. D’aucuns sortent à peine d’étroites cellules de prison. D’autres viennent de régions où leur quête de liberté leur a valu d’être battus par les orages de la persécution et secoués par les bourrasques de la brutalité policière. Vous avez été les héros de la souffrance créatrice. Continuez à travailler avec la certitude que la souffrance imméritée vous sera rédemptrice. Retournez dans le Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Caroline du Sud, retournez en Géorgie, retournez en Louisiane, retournez dans les taudis et les ghettos des villes du Nord, sachant que de quelque manière que ce soit cette situation peut et va changer. Ne croupissons pas dans la vallée du désespoir. Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ”. Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Géorgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. Je rêve qu’un jour, même l’État du Mississippi, un État où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice. Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve ! Je rêve qu’un jour, même en Alabama, avec ses abominables racistes, avec son gouverneur à la bouche pleine des mots “ opposition ” et “ annulation ” des lois fédérales, que là même en Alabama, un jour les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve ! Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair. Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud. Avec cette foi, nous serons capables de distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d’espérance. Avec cette foi, nous serons capables de transformer les discordes criardes de notre nation en une superbe symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de défendre la cause de la liberté ensemble, en sachant qu’un jour, nous serons libres. Ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter ces paroles qui auront alors un nouveau sens : “ Mon pays, c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante. Terre où sont morts mes pères, terre dont les pèlerins étaient fiers, que du flanc de chacune de tes montagnes, sonne la cloche de la liberté ! ” Et, si l’Amérique doit être une grande nation, que cela devienne vrai. Que la cloche de la liberté sonne du haut des merveilleuses collines du New Hampshire ! Que la cloche de la liberté sonne du haut des montagnes grandioses de l’État de New-York ! Que la cloche de la liberté sonne du haut des sommets des Alleghanys de Pennsylvanie ! Que la cloche de la liberté sonne du haut des cimes neigeuses des montagnes rocheuses du Colorado ! Que la cloche de la liberté sonne depuis les pentes harmonieuses de la Californie ! Mais cela ne suffit pas. Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Stone de Géorgie ! Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Lookout du Tennessee ! Que la cloche de la liberté sonne du haut de chaque colline et de chaque butte du Mississippi ! Du flanc de chaque montagne, que sonne le cloche de la liberté ! Quand nous permettrons à la cloche de la liberté de sonner dans chaque village, dans chaque hameau, dans chaque ville et dans chaque État, nous pourrons fêter le jour où tous les enfants de Dieu, les Noirs et les Blancs, les Juifs et les non-Juifs, les Protestants et les Catholiques, pourront se donner la main et chanter les paroles du vieux Negro Spiritual : “ Enfin libres, enfin libres, grâce en soit rendue au Dieu tout puissant, nous sommes enfin libres ! ”.

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