1865 à 1950

I. L'après Guerre de Sécession entraîne un processus de ségrégation



a) La fin de l'esclavage aux États-Unis

            

      On estime à environ 200 à 400 millions, le nombre d'Africains (morts ou déportés) vers l'Amérique pour servir d'esclaves.

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         Lors de la guerre de Sécession, l'esclavage fut officiellement aboli le 1er janvier 1863 par le président Lincoln, mais il fallut attendre la fin de la guerre et la victoire du Nord pour que le 31 janvier 1865, le Congrès adopte le treizième amendement de la Constitution interdisant l'esclavage partout sur le sol des États-Unis d'Amérique d'après l'article Ier qui stipule : " Il n'existera dans les États-Unis, et dans toute localité soumise à leur juridiction, ni esclavage, ni servitude involontaire, si ce n'est à titre de peine d'un crime dont l'individu aurait été dûment déclaré couple ". Cette loi vient achever la proclamation d'émancipation des esclaves faîtes par Abraham Lincoln en 1862. Ce fut un changement fondamental, immédiat juridiquement, mais le racisme était toujours présent malgré que le treizième amendement sera accepté le 6 décembre 1863, abolissant définitivement et officiellement l'esclavage aux États-Unis après deux cent cinquante ans d'existence, l'esclavage était désormais interdit sur le territoire des États-Unis  d'Amérique. 

 

            En 1865, la fin de la guerre de Sécession aux États-Unis marque l'abolition de l'esclavage pour l'ensemble du pays.  Les nouveaux Noirs affranchis accueillirent leur libération par une explosion d'allégresse et d'émotion. Des fêtes étaient organisées un peu partout, on se rendait visite en profitant de la possibilité inouïe de voyager à sa guise. Des retrouvailles émouvantes avaient lieu entre époux, parents et enfants, frères et sœurs, jadis, séparés par les ventes. Pour eux, il n'était plus question de travailler sous les ordres d'un maître ou d'un régisseur (représentant de l'autorité du propriétaire sur le terrain) détesté.  Les affranchis entendaient user de leur liberté  comme bon leur semblait. Mais la question de leur statut se posait : quels droits politiques leur accorder ?  En 1865, les assemblées sudistes, encore contrôlées par les élites locales, votèrent des lois tyranniques connues sous le nom de Black Codes, les " Codes noirs ". Dans le Mississippi, par exemple,  il était précisé que les Noirs avaient interdiction  de quitter les plantations sans permission, qu'ils pouvaient être fouettés, que l'alcool leur était interdit, etc. En Caroline du Sud, la loi indiquait que les ouvriers noirs devaient être appelés servants, et qu'il leur fallait travailler du lever au coucher du soleil, six jours sur sept, au service de masters, comme au bon temps de l'esclavage. Par conséquent, comme les nordistes le comprirent rapidement, l'abolition ne suffisait pas à garantir les droits. Pourtant, les codes noirs soulevèrent l'indignation dans le Nord et furent annulés par le Congrès, à forte majorité républicaine qui affirma la citoyenneté des anciens esclaves par la loi pour les droits civiques de mars 1866, reprise la même année dans le 14e amendement : il précisait que les citoyens américains étaient dotés de droits égaux et supprimait la représentation au Congrès fédéral des États n'accordant pas le droit de vote aux anciens esclaves. De plus, le 15e amendement, ratifié en 1870, interdisait toute remise en cause du droit de vote au motif de la race, de la couleur de peau ou d'une condition passée de servitude. S'y ajouta la loi sur les droits civiques de 1875 prohibant la ségrégation dans les lieux publics. Cela assure ainsi aux Noirs le droit de vote et l'égalité avec les Blancs devant la loi. 

                                                                                          

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b) " Séparés mais égaux " :


             En légalisant la doctrine "séparés mais égaux", l'arrêt Plessy rendu par la Cour suprême en 1896 marqua le début du processus de ségrégation des Noirs entamés plus tôt. Très vite, il s'avéra que les effets concrets de cette doctrine étaient plutôt de faire appliquer la "séparation" plutôt que de faire respecter l' "égalité". 

 

               Les lois " Jim crow " :  La loi de Reconstruction apparaît pendant la période de la ségrégation raciale aux États-Unis, elle a été imposé après la Guerre de Sécession par le président Abraham Lincoln promettant une paix absolue aux États sudistes. Ils mettent alors en place les lois Jim Crow, qui ont pour but de distinguer les citoyens selon leur appartenance raciale tout en admettant leur égalité de droits et ne laissant aucun jugement dans tous les lieux et services publics (écoles, bus, train...). Grâce à celle-ci, elle abolie l'esclavage (par le XIII amendement) et accorde par conséquent le statut de citoyen aux Noirs Américains.


Cependant, les Noirs ne sont pas épargnés par la violence illégales et l'intimidation ; particulièrement par le Ku Klux Klan, né au lendemain de la guerre amenant à l'instauration de la véritable ségrégation raciale par les lois Jim Crow. Ainsi, en 1896 la Cour Suprême accorde cette nouvelle législation en la transformant en une doctrine « separate but equal » (séparés mais égaux).

 

Le mouvement des droits civiques abolie les lois Jim Crow dans les années 1960 faisant, ensuite juger les lois anticonstitutionnelles par la Cour Suprême l'interdiction des mariages mixtes entre individus de couleurs différentes.

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 Les lois Jim Crow 

 

Différentes lois Jim Crow dans les différents États :

 

Alabama : « Toutes les stations de cet État, quelle que soit la compagnie de transport, devront avoir des salles d'attente et des guichets séparés pour les blancs et pour les personnes de couleur. »

 

Floride : « Tout mariage entre une personne blanche et une personne nègre ou entre une personne blanche et une personne d'ascendance nègre à la quatrième génération est interdit. »

 

Mississippi : « Le surveillant veillera à ce que les condamnés blancs aient des lieux séparés pour dormir et pour manger de ceux des condamnés nègres. »

 

            Différents faits divers sont apparue suite à la loi Jim Crow. En 1927, une automobiliste blanche mourut au bord de la route car les ambulanciers étaient Noirs, et n'avaient pas le droit de la toucher. En 1942, la croix rouge distingua le sang « noir » et «blancs».

 

 

 

c) La ségrégation tenace, intimidation et menace :


          Pour la plupart des personnes au 19 ièm siècle, il existe deux sociétés, l'une noire, l'autre blanche qui se trouvaient séparées par un mur d'hostilité et de méfiance, ainsi un Noir de Caroline du Nord au début du XXe siècles écrit : " Nous sommes voisins, et pourtant étrangers. Même entre les Blancs les plus éclairés et les Noirs, il n'y a plus de communication, plus d'échanges de vues ". Puisque les Blancs étaient majoritaire, ils pensaient que les Noirs étaient inférieurs en intelligence et en caractère. Les préjugés racistes étaient confirmés et légitimés par la science comme les études de Franz Joseph Gall, qui pensait discerner les capacités intellectuelles des êtres humains en fonction de la forme du crâne. Par conséquent, son étude servit d'argument scientifique pour établir une hiérarchisation des races et de montrer la "bestialité"  de la race noire, classer dans la même catégorie que les espèces animales. Ce fut également légitimé par la politique , même les journaux regorgeaient d'articles montrant la suprématie de la race blanche et l'aspect méprisable des Noirs (visant principalement à démontrer l'incapacité intellectuelle et morale des Noirs à exercer les activités les plus communes). On mettait également en garde contre la miscegenation, c'est-à-dire le mélange des races, car on craignait les mariages "mixtes" qui pourrait contaminer la race supérieure. Ainsi, des lois étaient misent en place pour interdire ces mariages dans la plupart des États du Sud (dès le XVIIIe siècles pour certains), puis se généralisèrent par la suite pour concerner vingt-neuf États (tous ceux peuplés d'au moins 5% de Noirs). Chaque États avait le soin de déterminer qui était une personne de couleur et qui ne l'était pas. Par exemple, en Caroline du Nord, l'appréhension de la présence de "sang noir" était visuelle, tandis qu'en Virginie, un pourcentage était stipulé : en l'occurrence 1/4 de "sang noir" au minimum. Chaque États ajoutait des précisions telle qu'en Arizona, le mariage était simplement interdit aux mulâtres (désigne un individu né d'un père noir et d'une mère blanche, ou d'un père blanc et d'une mère noire ou de deux parents mulâtres) alors qu'au Mississippi, le Missouri  l'Oregon et l'Ohio, ils interdisaient par une loi le mariage entre Blancs et "Mongols" et le Dakota du Sud entre Blancs et "Coréens" , tout dépendait puisqu'en Arizona ils étaient remplacés par les "Hindous", par les "Chinois", les " Japonais" ou les " Philippins" ailleurs. 

 

Réaction du Sud « Les Ligues blanches » :  L'intimidation est un problème relationnel, il s'agit d'un abus de pouvoir d'un individu ou d'un groupe d'individus envers ses pairs qui s'exprime de différentes manières à travers la violence ou par le biais de menace à répétition physique ou moral. Ainsi nous allons voir la principale organisation blanche protestante des États-Unis c'est-à-dire le Ku Klux Klan (prononcer « Cou-Cloux-Clanne ») (généralement appelé par son sigle « KKK ») fondé le 24 décembre 1865, après l'abolition de l'esclavage et la mise en place de le loi de « Reconstruction » pour prôner la suprématie de la « race » blanche sur les autres « races » (comme les Noirs et d'autres ethniques comme les Asiatiques, les Hispaniques, et les Amérindiens).  Parallèlement à la mise en place de la ségrégation, les lynchages se multiplièrent donc à partir du début des années 1890. Ils avaient été très rares pendant l'esclavage et dans les quinze années qui suivirent la guerre de Sécession. Le premier Ku Klux Klan, celui des années 1866-1872, avait eu recours au fouet, rarement au meurtre. Mais après 1890, dans les quatorze États du Sud, près d'une centaine de personnes furent lynchées chaque année en moyenne (75% d'entre elles étaient noires, un pourcentage qui s'éleva à 90%  au XXe siècle, d'après une étude statistique portant sur 2805 des 4743 lynchages dans le sud des États-Unis entre 1882 et 1958). Les Sudistes partisans de la suprématie de la race blanche n'avaient d'ailleurs pas attendu la création de leurs organisations pour s'affirmer. Nous avons vu qu'ils s'étaient tenus à l'écart, par un découragement, des élections pour les conventions constitutionnelles. Mais dès la ratification par le peuple des nouvelles constitutions, l'opposition se manifeste énergiquement, et réussi à retarder cette ratification au Mississippi, en Alabama, en Virginie, au Texas. Et c'est au printemps de 1867, que s'organisent les fameuses bandes secrètes telles que le Ku Klux Klan, étant une organisation secrète naît d'une humiliation par les nordistes, rappelons que celui-ci arrive le 24 décembre 1865, au Tennessee, les six membres co-fondateurs (Calvin Jones, Frank McCord, Richard Reed, John Kennedy, Cpt John Lester et James Crowe) ont décidé d'une fraternité. Le « Ku Klux Klan » est l'appellation issue du mot grec kyklos (cercle) associé au latin «lux» (lumière). «Crowe sépare le mot en deux et change la fin, ce qui donne Ku Klux. Comme les fondateurs ont des ancêtres écossais , Lester propose de rajouter le mot clan à la fin, en remplaçant le C par un K, de manière à uniformiser la première lettre des trois mots. Le Ku Klux Klan est né (Wikipédia) » . Quant au costume blanc il représente les fantômes des soldats confédérés morts au combat et revenus pour se venger. Leur action essentielle consista à intimider les noirs, notamment par de mystérieuses cérémonies nocturnes, et à terroriser les blancs qui défendaient ou menaient ces Noirs comme les carpetbaggers (un terme péjoratif désignant un individu originaire du Nord des États-Unis (ex-Union) venu s'installer dans le Sud (ex-Confédération) lors de la Reconstruction qui suivit la guerre de Sécession, avec l'intention de profiter de la situation confuse du pays).

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                     Le Ku klux klan a employé des menaces ou des exécutions sommaires, les punitions imposées hors du système judiciaire étaient encore plus brutales, des milliers de Noirs ont été victimes du lynchages (Action d'exécuter sommairement, sans jugement, une ou des personnes considérées comme coupables) par les Blancs du KKK s'autoproclamant « justiciers », parfois avec l'aide extérieur. Ces lynchages se transformaient parfois en véritable assaut, pillage et meurtres, d'une partie de la population contre une autre (pogroms). Les coupables se sentaient à l'abri de poursuite judiciaire, ils prenaient d'ailleurs souvent des photographies de leurs victimes (ci-dessous). Ces sociétés secrètes jouèrent donc un rôle actif dès les élections de 1868, et bientôt commirent de tels excès, que leurs actes de banditisme risquèrent de compromettre la cause du Sud.  Les lynchages étant les actions de punir des infractions, généralement des accusations de viol ou de manque de respect à l'égard d'une femme blancheAinsi, ils renforçaient les sentiments de solidarité raciale dans la population blanche et terrorisaient la population noire. Les lynchages fut  particulièrement nombreux dans les régions à faible densité de population dans le Sud (mais pas que, également dans le Middle West) et visaient surtout des Noirs pauvres, des étrangers récemment installés ou de passage dans la région, par conséquent, sans soutiens locaux y compris parmi les Noirs, une fragile paix sociales était préservée en échange de la pendaison de Noirs, sacrifiés rituellement sans procès, pour des motifs mensongers, devant des autorités complices, les lynchages n'étaient pas clandestins et étaient annoncés dans la presse, les différentes étapes du supplice étaient souvent photographiées y compris pour en faire des cartes postales ou des images de collection.

 

            La raison principale de ces altercations était qu'il fallait à tout prix empêcher les Noirs de s'élever eux-même  pour cela ; la ségrégation s'accompagnait naturellement d'une lutte contre l'instruction et la promotion professionnelle des Noirs. Il ne s'agit pas de faire que le Sud reste « le pays de l'homme blanc » : aux États-Unis la priorité numérique de la race blanche n'est pas sérieusement menacée. Mais le Sud reflète désormais essentiellement la mentalité du « pauvre Blancs » ; c'est lui qui constitue les éléments les plus actifs du Ku Klux Klan. Quant à l'échec du Nord à « reconstruire » et transformer le Sud, il était, à plus ou moins brève échéance, inévitable : dans une organisation fédérale, une partie du pays peut toujours, si elle y est vraiment décidée, se soustraire à l'évolution d'ensemble ; il est bien inutile de se séparer avec éclat du reste de la nation et de recourir aux armes ; l'action quotidienne, qui n'attire pas l'attention, est beaucoup plus efficace. A ce point de vue, on peut dire que la Guerre de Sécession, sans doute inévitable, a été une guerre inutile. Mais, par ailleurs, elle a consacré de façon désormais indiscutable l'unité nationale.

 

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         Dès 1890, les opposants aux lynchages établirent des statistiques qui fournissaient les nombres de décès, les motifs des "crimes" et les méthodes d'exécution.

 

Nombre de personnes qui ont été lynchées en 1906 et 1907


Lynchage

                                                                                               Traduction par TPE-ségrégation
 


        Malgré ça, les lynchages se perpétrèrent jusqu'en 1950. Nous pouvons voir également ci-dessous les lynchages entre 1882 et 1927 en million, dans les différents États des États-Unis : 

 Lynchages

           

           Après avoir rejoint plus d'un demi-million d'adeptes, le mouvement du KKK commença à décliner à partir de 1868. Plusieurs raisons expliquent l'affaiblissement de l'organisation. D'abord, comme le soulève Portes, «le Klan n'est pas structuré solidement, de nombreux groupes autonomes s'en réclament». Cela fait en sorte que certains «extrémistes» pénètrent dans le Klan et en salissent la «réputation». Les abus prendront tellement d'ampleur que cela poussera plusieurs États à adopter des lois/mesures de maintien de l'ordre public dès 1868 tels le Texas et l'Arkansas (qui décréteront de la loi martiale). Suite à des pressions, le Grand Sorcier dissoudra le Klan officiellement en 1869 ce qui amena certains historiens à en déduire qu'il s'agissait là d'une méthode pour rendre le Klan encore plus secret.

 

 Sources 

 

 

 



 
Commentaires (3)

1. David 29/01/2014

Revoyez l'orthographe... Il y a des fautes énormes. Et ce, en grande quantité...

2. David 29/01/2014

Nombre de lynchages en million? Il doit y avoir une erreur...

3. Laure Tahani 20/10/2013

Bonjour, je ne savait pas où vous demander ce service donc je l'ai fait dans les commentaires.
Je suis une élève de 4° et je dois faire un devoir d'histoire sur la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Un plutôt long passage de votre travail m'intéresse: pourrais-je s'il-vous plaît pour m'éviter de tout recopier sur mon brouillon copier ce passage?
Merci d'avance

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